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Pourquoi modifier nos nommants pour le plaisir de l’oppresseur?

August 13, 2018 in African renaissance, Afrique, Culture & lifestyle, Politique & Société, Togo

Né à Lomé, j’ai grandi au nord du Togo; tout d’abord à Sokodé et ensuite à Kara. Les activités professionnelles de mon père le trimbalaient un peu partout dans cette partie du pays. J’ai donc eu le temps de me socialiser avec les Tem(kotokoli) et plus tard avec les Kabyès. D’ailleurs je parle couramment les deux langues.
À mi-chemin entre Sokodé et Kara gît Bafilo sur une élevation de terre.
Le vocable Bafilo fait l’objet de cette publication.
Venons en aux faits. En effet, K’gbafulu, telle est l’ecriture juste du nom de Bafilo. La modification Bafilo n’apparaît que dans les textes administratifs, très probablement parce qu’une élite locale pense que le phonème “K’Gba” sonne moins français et qu’il faudrait de ce fait le franciser.
Aucun Tem authentique à ma connaissance dit Bafilo pour signifier K’gbafulu. Mais les textes officiels font toujours cas de Bafilo pour nommer le chef lieu de l’Assoli.
Aux Africains complexés qui nous maintiennent dans une servitude culturelle, je tiens à dire ceci: votre mémoire sera à jamais bannie de notre héritage collectif. Personne ne se souviendra de vos pseudo exploits.
Aux contemporains Africains, Togolais: Aucun village en France n’a modifié son nom pour en faciliter la prononciation aux immigrés et expatriés d’Afrique vivant en France. Il n’y a aucune raison de continuer dans ces logiques niaises en ce 2018 alors que nous nous disons pays indépendant.
Qui plus est, il y a nécessité de travailler au retour de nos langues afin que nos textes de lois soient rédigés dans ces langues et que nos juridictions s’inspirent d’une jurisprudence locale.
Nous ne sommes pas des français. Nos territoires Africains ne sont pas français; la colonisation sur papier est bien révolue. Il survit encore l’impérialisme dans nos têtes, dans nos réflexes, celui dont nos simulacres d’élites tirent un quelconque prestige.
Le fait est que s’il est une quelconque utilité de la langue française en Afrique, ce serait plutôt cette nécessité de pérenniser l’impérialisme occidental sous nos cieux.
Nous n’avons pas besoin du francais. Nous n’avons nullement besoin d’hommes et de femmes de lettres d’expression française.
Nous ne pouvons plus continuer de perpétuer la tutelle culturelle insufflée depuis la belle époque des colonies.

Bafilo se prononce K’gbafulu.
Quiconque a du mal à prononcer nos noms de site, est prié de s’adapter à nos langues, tout comme nous le faisons par rapport à la leur.
Gbagbo n’est pas g’ba- g’bo. Drogba n’est pas Drogue’ba. Pogba pas Pogue’ba non plus.

Il est grand temps que la mondialisation tant chantée fasse ses preuves dans les deux sens. Autrement dit, les occidentaux sont appelés à s’adapter au monde.
(Petit avis aux ressortissants Tem de la diaspora. Du goro ou noix de cola sont en vente ici. Vous pouvez les commander en ligne)

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